Pirouett Kk-quoi ?

Pirouett Kkouett

Dans la vraie vie, Pirouett Kkouett s’appelle Julie Chatenay-Rivauday et elle habite à Fort-de-France, en Martinique.
On retrouve ses traces (de fruit à coque) sur Facebook, Twitter, Pinterest, LinkedIn, Viadeo, Deezer.

D’autres éléments de réponse dans cet interview mené par Kethy Ponammah, paru sur zandooli.com en septembre 2012.

 

« Il était un petit homme pirouette cacahuète », désolée je ne pouvais pas m’en empêcher !

Excellente référence musicale 🙂

Bonjour Julie, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je suis née à Fort-de-France il y a une petite trentaine d’années. J’aime, dans le désordre et de façon non-exhaustive : la mer, « Siméon » d’Euzhan Palcy, les livres de Giono, la musique de Mathieu Boogaerts, le chocolat (le type gras, praliné et tout et tout), ma petite sœur et le nounours qu’on m’a offert pour mes 4 ans.

D’où vient le nom de ton blog Pirouett Kkouett ?

De la comptine, justement ! Elle m’a marquée. Je trouvais que ça sonnait bien et j’ai adopté ce pseudo bien avant d’en faire ma signature professionnelle.
Pendant mes études, cela m’a inspiré un personnage en forme de cacahuète, baptisé… la Kkouett. Je n’ai pas su quoi en faire jusqu’à ce que ma sœur Laura, qui partait quelques mois à Pékin, me suggère de dessiner son quotidien. Vu que je ne pouvais pas physiquement la suivre en Chine, la Kkouett, jusque là inexploitée, m’a permis de l’accompagner virtuellement. Ça a donné les premières aventures de la Kkouett, que l’on peut toujours lire sur mon blog dans Laura et la Kkouett à Pékin.

Décris-nous ton parcours professionnel.

J’ai étudié aux Arts Décoratifs de Strasbourg jusqu’en 2007. Je me suis ensuite installée à Paris, où j’ai alterné des emplois de graphiste en agence et des périodes de freelance. En 2010, je suis allée faire un tour au Royaume-Uni, histoire de satisfaire mon envie de « vivre en anglais ». Là-bas, j’ai travaillé dans un magazine culturel quelques mois. La Kkouett m’a accompagnée (voir La Kkouett au Pays de Galles). Cette expérience m’a confortée dans l’idée que les Anglo-saxons, contrairement aux Français, valorisent les compétences plutôt que l’expérience, et ne cherchent pas à enfermer les gens dans des cases. C’était assez grisant, et ça m’a donné envie de ne pas me cantonner au graphisme. J’ai même commencé à composer des chansons !
Finalement, après avoir vécu 12 ans de l’autre côté de l’Atlantique, j’ai eu envie de revenir en Martinique : quand on est né sur une île, il arrive forcément un moment où la mer vous manque !

Comment et pourquoi t’es tu orientée vers le métier d’illustratrice ?

Petite, j’ai d’abord voulu devenir « dessin animé ». Comme beaucoup d’enfants, j’ai grandi avec les films d’animation de Walt Disney, et je me projetais à la place des princesses qui chantent en attendant que Monsieur le Prince Charmant daigne pointer le bout de son nez.
Quand j’ai réalisé que ça n’allait pas être possible, j’ai voulu apprendre l’animation.
Étant donné mes résultats à l’école, mes parents me voyaient ingénieure : « Tu pourras travailler sur les dessins animés en 3D si tu es dans l’informatique ! »
Bac en poche, j’ai entamé une prépa Maths Sup, et je crois que le fait que je pleure tous les jours en leur disant que je n’étais pas faite pour ça les a convaincus de me laisser poursuivre mes études à ma guise ! Un an et demi après, j’étais admise aux Arts décoratifs de Strasbourg, où j’ai bifurqué vers la communication visuelle.

L’humour est omniprésent dans ton blog il t’arrive d’avoir des pannes d’inspiration ou de ne plus te trouver drôle ?

Bien sûr ! Ma dernière panne d’inspiration a duré plus d’un an : j’étais graphiste dans une agence de communication parisienne, dans un contexte pas très épanouissant. Comme mes journées étaient assez déprimantes, quand je rentrais chez moi, je préférais me gaver de séries télévisées que dessiner. Quitter ce travail a fait le plus grand bien à ma créativité !

Quel est ton style de prédilection ?

J’aime beaucoup les dessins très « libres », comme ceux de Sempé, Sfar, Quentin Blake et Marion Montaigne. Cette dernière fait de la vulgarisation scientifique en BD, c’est à mourir de rire, je vous conseille son blog Tu mourras moins bête.

Comment décris-tu ton univers artistique ?

Celui d’une trentenaire désabusée, à l’imaginaire débordant et un peu trop portée sur l’auto-dérision.
Mon projet musical est dans la même veine que mes BD d’ailleurs (les textes sont en anglais : http://soundcloud.com/allmygirlsproject). J’ai un côté Calimero mais je me soigne !

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Les gens que je croise, mes copines, mon quotidien. J’aime relever le comique dans les situations banales.

Quels sont tes futurs projets ?

Je vis essentiellement de mon activité de graphiste, mais j’ai envie de donner une plus grande part à l’illustration. Et à la musique !
Et pourquoi pas reprendre mes valises pour aller me poser plus longtemps chez les Anglais. Il leur reste un prince à marier, si je ne m’abuse ?

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui aime dessiner et qui aimerait en vivre ?

D’être à l’écoute des remarques et critiques tout en restant conscient qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Et que « bien dessiner » n’est pas indispensable, du moment que le trait est expressif et qu’on aime raconter des histoires.

Toi qui es de retour en Martinique, quel est ton petit coin fétiche (restos, sites touristiques, plages etc.) ?

Mes plages favorites sont aux deux extrémités de la Martinique : l’anse Couleuvre et les Salines.
Je n’ai pas la main verte, alors quand j’en ai marre de regarder dépérir le pied de piment végétarien que j’ai planté il y a trois mois, je vais faire un tour au jardin de Balata.
Et côté sorties, j’aime bien le Ti Kab, à Fort-de-France, on y mange très bien.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Les arachides ont des propriétés antioxydantes. Alors, pour votre santé : mangez de la Kkouett !